The North Face Ultra-Trail du Mont Blanc 2010 restera dans toutes les mémoires des participants. Avec ses quatre courses (UTMB, CCC, TDS, PTL), le sommet mondial de la course nature a connu quelques « difficultés » liées à une météo capricieuse.
L’UTMB a été arrêté aux Contamines (31km) à cause de conditions météorologiques dantesques à la Croix du Bonhomme et au Col de la Seigne. Un arrêt qui a entraîné de nombreuses réactions de la part des concurrents… Il suffit d’aller faire un tour sur le forum officiel pour voir les mécontentements, les réclamations, etc… Il est certain que les 150 euros d’inscription restent en travers de la gorge de beaucoup de coureurs sans parler des mois d’entraînements gâchés… Mais que faire contre le temps ? Le rapatriement des 2300 participants n’a pas été sans difficultés.
Dans le même temps, la TDS (à laquelle je devais participer) a été annulée pour les mêmes conditions. Le départ devait avoir lieu à Courmayeur le vendredi à minuit. Seule la CCC (départ le vendredi matin) s’est presque déroulée normalement… Les conditions à la Tête aux Vents étaient terribles (vents très violents, des torrents sur le chemin, coureurs en hypothermie,….).
Après ce petit résumé (je vous conseille de vous rendre sur le site officiel pour plus de détails), il est temps de commencer le récit de mon aventure autour du Mont Blanc.
Arrivée le vendredi vers 17h à Chamonix au parking du Grépon. Début de la galère avec la recherche d’une place sur un parking plein… Avec ces p…. de camping-cars qui prennent deux places. Place enfin trouvée, je me rends au centre sportif pour retirer mon dossard. Là, on me dit qu’il ne reste que des places à 19 et 19h30 dans les navettes pour Courmayeur. Je comptais manger à Chamonix et préparer mon sac tranquillement puisque le programme indiquait le départ des navettes entre 20h30 et 22h30… Après vérification, il n’y avait pas de navettes prévues à 19h et 19h30 comme me l’ont affirmé les bénévoles. Ça commençait bien !
Retour au parking, préparation du sac, direction les navettes sous la pluie et départ pour Courmayeur avec des vêtements déjà humides. Au centre sportif de Courmayeur, j’ai pu manger dans un petit resto-bar au chaud. Ça allait déjà mieux… pas pour longtemps.
Une fois restauré, je rejoins les autres coureurs pour attendre l’heure du départ. Mais on m’apprend subitement que le départ sera repoussé de 4 heures à cause de la météo. Premier coup au moral… On nous emmène alors dans le gymnase où le ravito de l’UTMB est utilisé pour faire patienter les gens. Vers 1 heure du matin, on nous annonce l’annulation définitive de la TDS. Second coup au moral et grosse déception… Après quelques discussions avec les responsables italiens, on apprend que l’organisation tente de mettre en place une course de substitution sur le parcours de la CCC (ou plutôt le parcours de l’UTMB après Courmayeur). Une lueur d’espoir qui se concrétise une heure plus tard. Nous serons environ 1500 à prendre le départ de cette course à Courmayeur le samedi matin à 10h (une nouvelle que beaucoup de coureurs encore à Chamonix n’ont pas reçu à temps, source principale des mécontentements).
Maintenant, il faut essayer de dormir quelques heures dans les gradins… Résultat : 2h de sommeil avec un dos en compote. Heureusement, on n’a pas eu froid. Les coureurs en provenance de Chamonix sont arrivés à partir de 7h du matin et ont pris le petit-déjeuner sur place avec nous. Plus de doutes, nous prendrons le départ dans quelques heures… 10h15 du matin, en route pour Chamonix en compagnie de Dawa Sherpa, Vincent Delebarre, Julien Chorier, Sébastien Chaigneau et consors !

Une CCC bis, c’est mieux que rien même si la motivation n’est plus identique. Avec la musique de Vangelis, nous prenons le départ direction Bertone. Le nombre de concurrents provoque quelques bouchons dans la première montée. Je ne dis pas que je serais allé beaucoup plus vite mais les changements de rythme sont énervants au bout d’un moment. Après environ 1h15 de montée, j’arrive au premier ravito (uniquement liquide). Un verre d’eau gazeuse, un peu de coca et c’est reparti pour Bonatti. Arrivée à 12h28, je recharge mes bidons, je prends un petit bol de soupe aux pâtes et je repars pour Arnuva. Rien à signaler entre Bertone et Bonatti, hormis des coureurs qui ne respectent pas le sentiers… À 13h26, j’arrive au ravito d’Arnuva. Le temps de recharger en boisson énergétique, de reprendre à nouveau un peu de soupe (environ 6 min) et je repars pour la montée du grand col Ferret sous un temps apocalyptique (vent, pluie, froid). La montée est plus longue que prévue (1h22). Je profite d’une grosse tente North Face pour enfiler un collant (je suis monté en short et mes cuisses étaient un peu rouge). Je reprends aussi vite que possible (pour ne pas refroidir) la descente vers la Fouly que j’atteins à 16h36.
La descente vers la Fouly a ravivé d’anciennes douleurs sous la voûte plantaire de chaque pied. Rien d’alarmant et la douleur est largement supportable. Après 15 minutes passées au ravito, je repars en direction de Praz de Fort. Petite parenthèse pour expliquer que j’ai décidé d’éviter toute alimentation solide (ou presque) pour limiter des problèmes intestinaux récurrents chez moi. Les premiers kilomètres après la Fouly se passent très bien. J’ai une allure correcte qui me permettrait de finir la course en 18 heures. Mais mes problèmes de voûte plantaire sont devenus plus problématiques, m’obligeant à ralentir surtout dans les portions descendantes. Heureusement les montées font disparaître la douleur et celle vers Champex se passe relativement bien. Arrivée au ravito vers 19h07, soit avec 5 heures d’avance sur la barrière horaire.
À Champex, je prends le temps de remettre un peu de NOK pour éviter les ampoules et irritations. Ce traitement me réussit généralement assez bien. NOK, Soupe, Recharge des bidons avec mes sticks nutratletic (sucré, salé) et je prends la direction de Bovine, montée redoutée par tant de coureurs. On commence par la traversée de Champex avec un petit passage devant son joli lac. Dès les premières portions de descentes, une douleur inquiétante apparaît au niveau de la rotule. Un type de problème que je n’ai jamais eu… J’utilise au maximum mes bâtons pour soulager cette articulation récalcitrante. Heureusement, la montée de Bovine arrive assez vite et soulage un peu mon genou. La nuit est tombée, il est temps d’allumer ma frontale pour attaquer les escaliers de Bovine. Cette ascension est longue mais pas si terrible. La fin de la montée se termine par un long faux plat jusqu’au ravito où comme à mon habitude je recharge mes bidons et je prends de la soupe. Je remarque qu’il faudrait que je boive un peu plus. Mon apport énergétique est correct mais je sens qu’il pourrait être meilleur. Départ du ravito avec une dernière montée avant de commencer la descente sur Trient. Je connais bien cette descente et je l’appréhendais fortement à cause de cette douleur au genou et de mes soucis de voûte plantaire qui prennent de l’ampleur. J’ai oublié de préciser que j’ai cassé une dragonne dans la descente de la Fouly… Pour ne rien arranger, je casse la seconde dans la descente vers Trient… ![]()
Cependant, j’atteins le ravito après 1h40 de petites souffrances. Je me trouve encore en bon état à Trient (23h37)où je reste 20 minutes pour faire mon petit rituel (bidons + soupe). Encore chaud, j’entame la montée vers Catogne.
Je ne me souvenais plus de la raideur de cette montée et de sa longueur. Avec la fatigue accumulée, les petits coups de moins bien font leur apparition. Mais quelques pauses boisson sous les étoiles redonnent vite des forces. Je peux dire que ce dénivelé positif fut le plus dur de la course (en ce qui me concerne). Dès le début de la descente vers Vallorcine, je savais que je n’allais pas m’amuser comme un petit fou. Mon genou s’est très vite réveillé, ainsi que mes pieds. Au milieu de la boue et des flaques d’eau gelée, j’ai souvent pesté contre cette partie du parcours. À l’instar de la montée, ce dénivelé négatif fut le pire de la course. Je pensais déjà à la descente de la Flégère et aux douleurs qu’elle allait occasionner… Au ravito de Vallorcine (3h29), je suis allé voir le médecin pour lui parler de cette douleur au niveau de la rotule. Diagnostic : tendinite d’insertion avec comme seul remède le repos. Je la regarde en souriant et je luis dis qu’il me reste que 18 km. Un peu de pommade anti-inflammatoire (plus un placebo à ce niveau de douleur) et je retourne sous la tente principale pour changer de chaussettes, recharger mes bidons, prendre encore de la soupe, deux tucs, un bout de fromage (petite exception à la règle mais après 17h30 de course j’ai le droit
).
Je repars de Vallorcine à 3h59 en direction du Col des Montets. Une petite remise en jambes sympathique avant d’attaquer la montée vers la tête aux Vents. Au loin, je voyais déjà des dizaines de frontales engagées sur les lacets de cette dernière difficulté. Je connais cette montée et je savais que la pente n’était pas trop violente. En ingurgitant régulièrement ma potion magique, l’ascension s’est bien déroulée. Une autre parenthèse pour expliquer que j’ai réglé des bips (toutes les 10 minutes) sur ma montre pour boire régulièrement. Avec la fatigue, on oublie souvent de s’alimenter et de s’hydrater. Cependant, les dernières centaines de mètres avant de voir la Flégère paraissent bien longs… Arrivé à la tête aux Vents à 6h59, je suis arrivé au ravito de la Flégère à 7h36. 15 minutes de pause et je repars avec un bidon de coca pour mieux supporter cette descente qui s’annonce laborieuse à cause de mes problèmes. Au début de la descente, je réalise un petit effort pour rejoindre trois compagnons de route. Seul, j’aurais sûrement mis plus de temps. J’adopte alors une marche rapide qui rend la douleur plus supportable. Mon genou et mes pieds me font souffrir mais comme dirait l’autre, c’est le jeu ma pauvre Lucette. L’entrée dans les rues de Chamonix est un grand soulagement. Il me reste 1km. Je décide de courir sur ces derniers hectomètres. Je suis accompagné par deux charmantes anglaises avec qui je passe la ligne d’arrivée (9h13, 22h56 de temps de course). Enfin ! Je l’aurai mérité ma veste de finisher.
Bilan de la course : météo correcte (hormis au Col Ferret), mon alimentation à base de produits nutratletic (+ soupe) a été parfaite (même si j’aurais dû en consommer plus pour éviter certains coups de mou), mon temps aurait pu être nettement meilleur sans ces douleurs handicapantes dans les descentes (surtout que cette tendinite au genou était une première). Une belle course de remplacement à la TDS que je ferai peut-être un jour.
Je ne sais pas si l’année prochaine je serai à Chamonix… Peut-être dans les Pyrénées, on verra. Je prévois désormais une course pour le 18 septembre dans le Pilat… en nocturne, maintenant que j’ai des piles pratiquement neuves dans mes frontales.
Et la suite ? Nous ne sommes qu’à Champex là, je piaffe d’impatience de savoir comment la suite s’est déroulée
Et tourner avec les produits nutratletic, comme tu l’annonçais il y a quelques jours, cela s’est avéré une réussite ?
Amicalement, et bravo pour ta course !
ça arrive, ça arrive
Beau compte rendu pour un beau parcours
En effet, après un certain nombre de « derniers week-ends du mois d’août » passés à Chamonix, il est temps maintenant de faire d’autres projets
Et bien chapeau. Ton récit était très intéressant, et me fait rêver : j’étais au départ de la CCC, et j’ai jeté l’éponge à la Fouly, vidé d’énergie suite à de grossières erreurs de boisson et de nourriture. Je suis en quête d’une nouvelle manière de m’alimenter qui convienne bien enfin et qui me débarrasse de ces « pannes d’essence » que j’ai de temps à autre. J’ai rencontré les gens de Nutratletic sur leur stand à Chamonix, j’ai bien accroché avec leur proposition, et ton récit me conforte dans l’idée d’essayer. Je vais le faire dans les semaines qui viennent, si ça se trouve dès dimanche prochain sur l’Infernal Trail des Vosges, si je me décide d’ici là
Bravo encore,
amitié,
Joël
@ Joël : je ne serai pas sur l’infernal trail des Vosges (même si je suis d’Epinal). Le type de dénivelé ne me plait pas beaucoup. Je compte faire le trail raidlight dans le Pilat. La gamme Nutratletic est vraiment efficace avec les sticks de l’effort et les sticks de récupération à prendre sur les trails longs (type UTMB, CCC). Le sensation de faim n’a jamais été présente. Ça me change la vie par rapport à Overstim.
Ah ben t’as dû changer d’avis sur l’Infernal Trail, vu ton dernier billet
Bravo Nico!Beau résumé belle course bonne alimentation que du plaisir…A quand la prchaine soirée tartiflette?
Salut Pascal !
Merci pour tous ces compliments. J’attends un peu le froid avant de faire fondre le fromage.